1. Comprendre le mordillement
Un chiot découvre le monde avec sa bouche. Donc oui : il va mordiller. Le but n’est pas d'interdire complétement le mordillement, c’est apprendre à le maitriser et apprendre quoi mordiller (et quoi ne pas mordiller).
C’est plutôt normal si…
- ça arrive dans une phase de jeu ou d'excitation
- il s’arrête quand tu coupes l’interaction
- il redirige facilement vers un jouet
Ça mérite d’être encadré vite si…
- ça fait vraiment mal ou ça laisse des marques
- c’est imprévisible ou de plus en plus intense
- il “monte” en émotion et n’arrive pas à s’arrêter
2. Mini diagnostic : c’est quel type de mordillement ?
Pose-toi juste ces 4 questions :
- Quand ça arrive ? (jeu / retour de balade / quand tu travailles / le soir…)
- Sur quoi il mordille ? (mains / vêtements / laisse / meubles…)
- Dans quel état il est ? (excité / fatigué / frustré / speed)
- Qu’est-ce qui marche pour le stopper ? (pause / jouet / mastication / rien…)
Règle simple
Tu ne traites pas un mordillement de fatigue comme un mordillement de demande d’attention. Même comportement, causes différentes → réponses différentes.
3. Mordillement de jeu
Oui : un chiot peut mordiller pour jouer, et ce n’est pas mal en soi. C’est instinctif, ça fait partie de sa façon d’interagir et de s’amuser. Interdire totalement serait souvent contre-productif et franchement un peu triste. La vraie règle : c’est toi qui autorises, c’est toi qui arrêtes.
Quand tu peux autoriser
- si ça reste doux et que ça ne te fait pas mal
- si ça se passe dans un contexte clair : un vrai moment de jeu
- si ton chiot est capable de s’arrêter quand tu coupes
L’idée, ce n’est pas de “laisser faire”. C’est de lui laisser ce plaisir avec un cadre.
La règle d’or : autorisation obligatoire
Si le chiot mordille quand lui en a envie, il va généraliser : il peut le faire sur toi, sur les invités, sur les enfants, au mauvais moment… parce qu’il pense que c’est “ok tout le temps”. Donc tu poses une règle simple :
- Tu lances le jeu (pas lui)
- Tu choisis quand ça commence
- Tu choisis quand ça se termine
- et s’il mordille sans invitation : le jeu n’existe pas (tu coupes net)
Comment tu cadres concrètement
- Début : tu annonces ton “go” (un mot/rituel) puis tu joues
- Pendant : si ça pince trop fort → tu figes, tu retires les mains, fin immédiate
- Fin : tu annonces ton “stop”, tu te lèves / tu t’éloignes 10–30 secondes
- Reprise : uniquement quand il est redescendu (calme = le jeu revient)
Tu lui apprends un truc précieux : pour que le jeu continue, il faut de la douceur.
4. Mordillement de frustration
Typique : tu le bloques, tu refuses quelque chose, tu mets la laisse, tu termines une interaction, il “décharge” avec sa bouche. Souvent il attrape aussi la laisse, les manches, le bas du pantalon.
Ce que tu fais
- Tu baisses la pression : tu simplifies, tu ralentis, tu évites de tirer au mental.
- Tu donnes une alternative : “viens”, “assis”, “touche main”, puis tu récompenses.
- Tu réinstaures du calme : 1–2 minutes de pause, reniflage, marche tranquille.
Ici la bouche est un symptôme : le chiot ne sait pas gérer l’émotion. On ne gagne pas avec de la tension en plus, il faut donc que tu restes calme, et que tu l'aides à redescendre. N'oublie pas que tu es son seul repère et qu'il a besoin d'un guide.
5. Mordillement de demande d’attention
Scénario classique : tu es sur ton téléphone, tu cuisines, tu bosses, il vient mordiller parce que ça marche : tu réagis, tu le regardes, tu lui parles, tu bouges.
Ce que tu fais
- Tu l'ignores (zéro contact visuel / verbal / physique pendant 5–10 secondes).
- Dès qu’il se calme : tu récompenses le calme (un mot doux + caresse + présence).
- Tu crées un “plan B” : tapis, place, parc, ou activité courte, mais sur ton initiative.
Important : ça ne marche que si tu es cohérente. 1 fois sur 3 où tu réagis, tu entretiens le comportement.
6. Mordillement de fatigue
Celui-là est traître : le chiot est fatigué, mais au lieu de dormir, il pète un câble : mordille plus fort, saute, court partout, n’écoute plus. Ce n’est pas un besoin de jouer plus, c’est un besoin de redescendre. Il est reconnaissable car souvent ce mordillement de fatigue est accompagné d'un gémissement, d'un râle.
Ce que tu fais
- Tu réduis la stimulation : lumière, bruit, interactions, mouvements.
- Tu proposes une pause guidée : parc / pièce calme / barrière (sans punir, juste repos).
- Option utile : une mastication si le chiot est déjà en train de redescendre (pas au pic de folie).
Ici ton objectif, c’est de l'aider à s'apaiser sans ajouter de tension.
7. Poussée dentaire
Lorsqu'il fait ses dents, le chiot a besoin de mâchouiller. Et il peut être plus irritable et sembler inconfortable. Ici l'objectif sera de trouver des solutions pour apaiser ses gencives et lui apprendre ce qu'il peut mordiller.
Ce que tu fais
- Tu multiplies les supports autorisés : jouets adaptés, textures différentes.
- Tu lui donnes des mastications ou supports froids, sortis du congélateur pour soulager la douleur
- Tu rediriges immédiatement sur le bon support.
- Tu évites les jeux de mains pendant cette période (ça entretient le mordillement sur la peau).
Si ton chiot a très mal / saigne / semble gêné anormalement : check vétérinaire.
FAQ
Mon chiot mordille surtout le soir : c’est quoi ?
Très souvent : fatigue + saturation. Réduis la stimulation, mets une vraie pause repos, évite les interractions avec lui et évite de relancer le jeu à ce moment-là. Plus tu l'ignoreras plus vite il s'effondrera de fatigue.
Si je lui donne toujours un jouet, je ne renforce pas le mordillement ?
Tu renforces surtout “mordiller = obtenir un jouet” si tu donnes le jouet quand il mord déjà. L’idéal : couper l’interaction, puis proposer le jouet quand il a relâché et redescendu d’un cran. Timing = clé.
Est-ce que ça passe tout seul ?
Souvent ça diminue naturellement avec l’âge, mais si tu renforces involontairement (attention, jeu, réactions), ça peut durer. Une stratégie simple et cohérente accélère énormément les choses.
Quand je dois m’inquiéter ?
Si tu as des morsures fortes, répétées, imprévisibles, ou si tu vois de la rigidité, grognements, protection, ou une escalade. Dans le doute : consulte un pro.
Note
Cet article donne des repères généraux. Si ton chiot te blesse, si tu as peur, ou si tu observes des signes d’agressivité, fais-toi accompagner par un éducateur/comportementaliste qualifié.